Sophro-contes

Les sophro contes sont, comme leur nom l'indique, des contes sophrologiques. Ils sont la plupart du temps à destination des enfants mais peuvent également tout à fait servir aux adultes. Ils abordent des notions importantes, que l'on cherche à travailler, d'une manière ludique et indirecte. Cela va permettre de se sentir proche du ou des personnages et d'intégrer des nouvelles notions ou de transmettre un message à travers l'agréable expérience d'une belle histoire.

J'en utilise très régulièrement au cours de mes ateliers enfants. Ces outils, qui me semblent à moi si indispensables, et bien j'ai eu un mal fou à en trouver ! Je ne parle pas de livres en vente, mais de petits contes courts qu'on retrouve sur le net par exemple.
J'ai donc eu l'idée de créer cette section, pour pouvoir rassembler tous ceux que je glane ici et là, au fil de mes recherches ou bien ceux qui sont absolument aimablement mis à disposition par leur auteur.

Si vous en connaissez d'autres ou bien que vous en écrivez, n'hésitez pas à me contacter pour que je les publie ici :)

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Bonne sophrolecture!!

 

La course des grenouilles

Pour travailler la confiance et ne pas se laisser abattre par les critiques

Une bande de grenouilles décida d’organiser une course. L’enjeu était d’être la première à arriver tout en haut d’une tour très haute.

Dès que la nouvelle de la course se répandit dans le village, des tas de grenouilles curieuses se rassemblèrent pour voir et soutenir les concurrentes.

Pleines de courage et de motivation, les candidates se placèrent sur la ligne de départ et commencèrent à grimper.

Mais très vite, les  grenouilles du public se mirent à faire des commentaires décourageants et négatifs: “Elles n’y arriveront jamais !”, “Elles sont bien trop lentes !”

Au bout de quelques minutes, certaines grenouilles en course se sentirent démotivées et abandonnèrent. Celles qui persévérèrent finirent par succomber à la fatigue.

Alors qu’il ne restait que quelques grenouilles en lice, les commentaires des grenouilles spectatrices reprirent de plus belle : “Pour qui se prennent-elles, si c’était possible, nous l’aurions déjà fait !” dirent certaines. “On n’a jamais vu pareille sottise, les grenouilles ne sont pas faites pour grimper !” dirent d’autres.

Au fil du temps, les dernières concurrentes firent gagner par le découragement.

Toutes. Sauf une.

Cette dernière grenouille grimpait lentement, sans relâche, tandis qu’autour d’elle les commentaires se faisaient de plus en plus négatifs : « Descends, tu n’y arriveras jamais ! ». « Tu es ridicule ! ».

Pourtant, la petite grenouille continua à avancer, lentement mais sûrement, sans faiblir.

Après un dernier effort, elle finit par gagner le sommet. Toutes les autres grenouilles se précipitèrent autour d’elle pour savoir comment elle avait fait pour réaliser ce que personne au monde n’avait encore jamais fait. L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander sa recette.

C’est alors qu’elle découvrit que la petite championne était sourde…   

Conte populaire, auteur inconnu

Conte thérapeutique

Pour travailler la joie de vivre

Il était une fois une petite otarie qui vivait dans un zoo. C'était un zoo si grand qu'on avait l'impression d'y vivre en liberté. Il était aménagé à l'image du monde extérieur. avec des écoles, des magasins, des maisons et toute une organisation sociale.

A l'école, les petits des animaux apprenaient très tôt un métier et la règle était généralement de poursuivre l'activité des parents.

La petite otarie adorait l'école et c'était une élève très appliquée. En plus des cours de langue, de diététique et de savoir-vivre, elle apprenait à jongler comme toutes les otaries de sa famille et ses amies. Elle apprenait à recevoir de jolies balles de couleur sur son nez et à les renvoyer.

Elle s'entraînait aussi à ramper sur le sol glissant en suivant le rythme de la musique. Elle apprenait à pousser sa coéquipière dans l'eau du bassin pour faire rire les enfants aux éclats. Elle apprenait même à monter sur un escabeau et à passer au travers d'un cerceau. Le plus difficile était de se tenir bien droite et d'applaudir avec ses petites nageoires. Mais ce qu'elle aimait plus que tout, c'était d'attraper les poissons argentés que lui lançait à la volée son beau partenaire. Toutes les aspirations de cette petite otarie étaient tournées vers le jour où elle pourrait enfin atteindre le sommet de son art et entrer comme une grande sur la piste du cirque.

C'était le destin vers lequel tout convergeait à la préparer mais c'était aussi son plus grand désir. Elle ne vivait que dans cet espoir et attendait avec impatience ce grand jour. Cependant, malgré cette vie bien remplie de petite otarie, elle n'était pas vraiment heureuse. Elle se sentait mal à l'aise, sans pouvoir en exprimer la raison.

Ses amies les girafes, elles, semblaient si heureuses de brouter les feuilles des arbres. Les flamands s'envolaient joyeusement en magnifiques nuées roses. Les singes passaient leur temps à se faire des blagues et les lions se réjouissaient d'effrayer les antilopes en baîllant à pleine gueule. Même les rhinocéros placides s'ébattaient gaiement avec les éléphanteaux.

Plus le temps passait et plus la petite otarie se demandait pourquoi elle ne parvenait pas à être heureuse.

Son ami le phoque lui répètait souvent : " Tu as tout pour être heureuse, tu apprends un bon métier, tu es douée pour l'exercer et dans peu de temps, tu seras consacrée. Qu'est-ce que tu pourrais souhaiter de mieux ? "

Un matin, alors que la petite otarie se réveillait une fois de plus morose, elle eut comme une illumination en observant les petits singes jouer à la balle. Ils semblaient prendre tellement de plaisir avec cette balle qu'elle se mit à réfléchir sur son propre comportement. Certes, elle s'appliquait à exécuter toutes les tâches qu'on lui enseignait et en particulier  jouer à la balle mais ça ne lui procurait pas le plaisir que semblaient ressentir les petits singes.

C'était pour elle comme un devoir et elle était trop tendue par l'inquiétude de ne pas être capable d'entrer un jour en piste et par l'obsession de bien faire pour prendre plaisir à ses exercices.

Ce fut comme une révélation pour elle. A compter de ce jour, elle n'eut plus la même façon de travailler à l'école. Elle découvrit, au-delà de l'exercice, le plaisir de jouer à la balle. Elle comprit que ce n'était pas parce qu'on la destinait à ce métier qu'elle devait délaisser tout ce qui n'y était pas lié. Il ne fallait pas travailler d'arrache-pied à la réalisation de ce projet en laissant filer les autres joies de la vie. En peu de mots, elle découvrit que son destin était entre ses mains à elle et qu'il lui appartenait de profiter du présent et de ses petits bonheurs plutôt que de rêver à un grand bonheur futur et insaisissable.

Ce fut le premier jour de sa nouvelle existence. On la vit rire de tout et de rien, des facéties des singes et de ses difficultés à applaudir au rythme de la musique. On la vit s'entraîner le sourire aux lèvres, ivre du plaisir de progresser.

Et on la vit même un jour, nimbée de perles d'eau, jaillir sur la piste du cirque, sous les regard émerveillés des enfants et les applaudissements frénétiques de tous.

Et tout en se disant que c'était alors le plus beau jour de sa vie, elle souriait intérieurement car elle avait compris que chaque jour pouvait être le plus beau jour de sa vie.

Conte de Sylvie Frey, trouvé ici

Le jardin du Roi

Pour travailler la confiance et l'estime de soi

Il était une fois, un roi bon et juste qui avait pris beaucoup de soin à agrémenter les immenses jardins de son château avec toutes sortes d’arbres, de plantes et de fleurs, tous aussi beaux, majestueux et parfumés les uns que les autres. Ses jardins resplendissaient de beauté et offraient un spectacle inégalé à mille lieues alentours.

Il prenait un plaisir chaque jour renouvelé à se promener dans ces jardins habillés par autant de grands arbres dont les cimes tutoyaient les nuages que de petits massifs de fleurs aux couleurs changeantes et aux parfums enivrants.

Un jour, le bon roi dut s’absenter pour un voyage officiel.

À son retour, il n’avait qu’une hâte : retrouver les couleurs, les parfums et la composition harmonieuse de ses jardins. Il eut un choc en constatant que les plantes et les arbres qu’il aimait tant étaient en train de mourir et sécher. Il s’adressa au pin, autrefois majestueux et plein de vie, et lui demanda ce qui avait bien pu se passer.

Le pin lui répondit avec un air triste : ” J’ai regardé le pommier et je me suis dit que jamais je ne serai capable de produire d’aussi beaux et bons fruits qu’il ne porte. Je me suis découragé et j’ai commencé à sécher.”

Le roi alla trouver le pommier qui lui aussi était sur le point de mourir. Il l’interrogea à son tour et celui-ci dit avec un air plus triste encore : ” En regardant la rose et en sentant son parfum enivrant, je me suis dit que jamais je ne serai aussi agréable à regarder et aussi parfumé qu’elle. C’est alors que je me suis mis à sécher.”

Comme la rose était elle-même en train de sécher, il alla lui parler et elle lui avoua avec l’air le plus triste du monde: “Comme c’est dommage que je n’ai pas l’âge de l’immense érable sage planté au loin ! Comme c’est dommage que mes feuilles ne deviennent pas aussi dorées comme les siennes à l’automne ! Dans ces conditions, à quoi bon vivre et faire des fleurs, aussi parfumées soient-elles ? Je me suis donc mise à dépérir.”

C’est alors qu’une toute petite fleur attira l’attention du roi. Alors qu’il l’avait à peine remarquée auparavant, elle semblait aujourd’hui capter toute la lumière et baigner les jardins de son doux parfum. Elle n’était en rien comparable aux autres végétaux desséchés du jardin. Le roi, intrigué, l’interrogea sur sa surprenante vitalité .

“J’ai failli me dessécher, répondit-elle, car au début je me désolais. Jamais je n’aurai la majesté d’un pin qui conserve sa verdure toute l’année ; ni la beauté et encore moins le parfum de la rose; et que dire de la sagesse de l’érable ! Désespérée que j’étais, j’ai voulu mourir moi-aussi. Puis je me suis rappelé que vous aviez choisi de me placer ici, de m’arroser, de prendre soin de ma terre, vous m’avez accordé autant d’importance qu’au pin, qu’à la rose et qu’à l’érable, c’est donc que vous vouliez de moi autant que des autres, telle que je suis, et que j’ai toute ma place dans ce jardin. A partir de ce moment là, j’ai décidé de m’aimer telle que je suis et de contribuer à mon niveau à rendre ce jardin aussi agréable que possible. C’est exactement ce à quoi je m’emploie depuis que vous êtes parti et ce à quoi je m’emploierai tant que je serai en vie.”

Conte populaire, auteur inconnu

Oscar et la boite à colère

Pour travailler les émotions

 Il était une fois l’histoire d’un petit poisson qui s’appelait Oscar.  Quand il arrivait à l’école des poissons, tu sais ce qu’il faisait? Eh bien, d’un seul coup, il nageait vers les autres poissons qui étaient dans la cour de l’école et il les mordait. Oui, il les mordait avec sa bouche de poisson, comme ça, cratch, cratch! Il tapait dessus avec ses nageoires, avec sa queue. Il leur lançait de l’eau dans les yeux pour qu’ils pleurent. Oui, oui, ça pleure un poisson. On ne le voit pas parce que cela se mélange avec l’eau de la mer, mais ça pleure un poisson.
Bien sûr, tout le monde, tous les autres poissons étaient  chaque fois étonnés de voir le petit poisson Oscar mordre et taper comme cela.
Les autres petits poissons avaient peur de lui. C’était comme ça!

 Mais tout au fond, il était très triste. Et si tu savais  comme c’est triste la tristesse d’un petit enfant poisson!
C’est tellement triste que des fois l’eau de la mer en de devient toute grise, noire.
Des fois on voit comme ça la mer toute noire, pas bleue du tout, ni verte, ni heureuse, toute noire. Eh bien je te le dis, c’est à cause de la tristesse des petits enfants poissons!

 Un jour, la maîtresse d’école des poissons s’approcha d’Oscar et lui dit:
- Je t’ai vu souvent taper les autres petits poissons.
D’ailleurs, la plupart du temps je t’en ai empêché. Moi, je  ne veux pas que les autres petits poissons aient peur de toi.
J’ai bien remarqué qu’il y a souvent beaucoup de colère  en toi.
Certains jours une grande colère toute rouge.                                                                                                                                                           Hier au  soir, avant d’aller me coucher, j’ai pensé à toi et j’ai beaucoup réfléchi, puis j’ai eu une idée! Je t’ai apporté une boîte où tu pourras mettre ta colère. : C’est une boîte où les petits enfants poissons peuvent  déposer leur colère. Le matin quand tu arrives, tu peux  mettre ta colère dans la boîte et le soir, si tu veux, je  te la rends, pour rentrer à la maison.                                                                                                                                        Si tu le souhaites,  ta colère peut dormir ici dans l’école pendant la nuit, comme ça, elle sera reposée demain matin.

 Le petit poisson Oscar tout étonné dévisagea la  maîtresse des poissons. Il ne savait pas qu’il y avait des  boites à colères, des boites à peur, des boites à tristesse  où l’on pouvait mettre ses colères, ses tristesses ou ses peurs.
Ce matin-là il ne dit rien, mais le lendemain il arriva  avec un tout petit coquillage qu’il avait trouvé sur le chemin  de l’école, tout au fond de la mer.
Il dit à la maîtresse d’école des poissons:
- Maîtresse, je voudrais mettre ma tristesse de ce matin dans la boite a colère...
La maîtresse prit le petit coquillage, le regarda  longuement et vit que c’était bien une grande tristesse  qu’il y avait dedans. Elle comprit que les colères
sont des tristesses qui ne peuvent se dire autrement.
Elle mit le petit coquillage dans la boîte à colère comme le lui avait demandé le petit poisson Oscar. Et je  crois même qu’elle 1’embrassa, mais je n en suis pas sûr, parce que je ne sais pas comment les poissons  s’embrassent!
La suite de l’histoire? Eh bien, je ne sais pas encore.
La maîtresse d’école des poissons m’a dit qu’un jour elle  me raconterait.

 J’ai appris depuis que d’autres maîtresses d’école, chez  les poissons, avaient pris l’habitude de proposer des boîtes pour déposer à 1’intérieur les sentiments pénibles. De façon à ce que les enfants poissons ne restent pas encombrés, habités ou pollués toute la journée par des pensées négatives. Je crois savoir que ça pourrait marcher aussi  avec les petits d’hommes.

 

Ainsi se termine pour l’instant le conte du petit poisson qui avait une si grande colère en lui... qu’il aurait pu avaler toute la mer. !

Conte trouvé ici

Le porteur d'eau

Pour travailler la confiance en soi et l'estime de soi

Un porteur d’eau indien transportait deux grandes jarres aux extrémités de sa planche. L’une des jarres était fêlée et perdait presque la moitié de son précieux contenu au cours de chaque voyage, alors que l’autre conservait toute son eau de source jusqu’à la maison du maître.

 

La situation dura ainsi pendant deux ans. Deux ans au cours desquels le porteur d’eau ne livra qu’une jarre et demie d’eau, chaque jour, à son maître. Bien sûr, la jarre sans défaut était fière de sa performance : elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faillir. Mais la jarre abîmée, elle, avait honte de son imperfection. Et se sentait démoralisée de ne pouvoir accomplir que la moitié de sa tâche.

Au bout de ces deux ans, qu’elle considérait comme un échec complet, la jarre abîmée dit au porteur d’eau, un jour qu’il la remplissait à la source :

« Je me sens coupable et je te prie de m’excuser…

– Pourquoi ? demanda le porteur d’eau. De quoi as-tu honte ?

– Depuis deux ans, je n’ai réussi à porter que la moitié de ma charge à notre maître à cause de cette brèche qui fait fuir l’eau. Par ma faute, malgré tous tes efforts, tu ne livres à notre maître que la moitié de l’eau prévue. Tu n’obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts », lui expliqua la jarre abîmée.

 

Touché par cet aveu et plein de compassion pour la jarre, le porteur d’eau lui répondit : « Je vais te demander quelque chose. Tout à l’heure, quand nous reprendrons le chemin du retour vers la maison du maître, je veux que tu observes les fleurs qui poussent sur le bord du sentier… »

Au fur et à mesure que le porteur d’eau avançait le long de la colline, la vieille jarre apercevait le bord du chemin couvert de fleurs baignées de soleil. Sur le moment, celles-ci lui mirent du baume au cœur. Mais à la fin du parcours, la tristesse l’envahit de nouveau : la jarre avait encore une fois perdu la moitié de son eau!

Le porteur d’eau dit alors à la jarre : « Ne t’es-tu pas aperçue que toutes ces belles fleurs, elles poussent de ton côté du chemin, alors qu’on n’en voit à peine du côté de la jarre en bon état? »

« J’ai toujours su que tu perdais de l’eau et j’en ai tiré parti. J’ai planté des semences de ton côté du chemin. Et chaque jour, tu les as arrosées de ton précieux contenu. Grâce à toi, j’ai pu pendant ces deux ans cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n’aurais trouvé de fleurs aussi fraîches, aussi gracieuses, aussi colorées. »

 

C’est ainsi que la jarre abîmée apprit, attendrie, qu’elle apportait elle aussi sa part de bonheur dans la vie.

Conte populaire, auteur inconnu

Le puissant seigneur

Pour travailler sur l'importance du moment présent et sur la richesse de la vie

Un puissant seigneur extrêmement riche et un pauvre paysan avaient chacun un fils. Le puissant seigneur monta avec son fils en haut d’une montagne, lui montra avec fierté le paysage en contrebas et lui dit avec engouement :

– Regarde, mon fils ! Un jour, tout cela sera à toi, le jour de ta succession !

Le fils ressentit alors une grande exaltation, une ivresse de puissance, un bonheur intense. Mais tandis qu’il redescendait doucement de la montagne, sa joie fut perturbée par des pensées de peurs, de craintes : et si son père demain changeait d’avis ? et si des intrigants prenaient le pouvoir ? et s’il disparaissait le lendemain sans qu’il ait eu le temps de lui transmettre la charge ? et si… ?

Le paysan pauvre monta avec son fils sur l’autre versant de la même montagne, au même moment; il lui montra le même paysage et lui dit avec amour :

– Regarde, mon fils ! Regarde !

Le fils resta là, attentif aux sons, aux odeurs, aux couleurs, aux images, et s’imprégna de la majesté du monde, le cœur emplit de joie…

Conte populaire, auteur inconnu

Les grenouilles tombées dans la jatte de crème

Pour travailler la confiance en soi et le courage

Un jour, deux grenouilles tombèrent dans une jatte de crème. Aussitôt, elles s'aperçurent qu'elles s'enfonçaient : impossible de nager ou de flotter longtemps dans cette pâte molle aussi épaisse que des sables mouvants. Au début, les deux grenouilles agitèrent violemment leurs pattes dans la crème pour atteindre le bord de la jatte. En vain : elles ne parvenaient qu'à barboter au même endroit en s'enlisant. Elles avaient de plus en plus de mal à remonter à la surface et à reprendre leur souffle. L'une d'elles dit tout haut :

 

« Je n'en peux plus. On ne peut pas sortir de là. Impossible de nager dans cette substance. Je vais mourir, je ne vois pas pourquoi je prolongerais cette souffrance. Où est l'intérêt de mourir épuisée par un effort stérile ? »

 

Ayant dit cela, elle cessa de s'agiter et s'enfonça rapidement, littéralement engloutie par l'épais liquide blanc.

 

L'autre grenouille, plus persévérante ou peut-être plus obstinée, se dit : « Rien à faire ! Pas moyen d'avancer dans cette matière. Pourtant, bien que la mort soit proche, je lutterai jusqu'à mon dernier souffle. Je refuse de mourir une seconde avant que mon heure ait sonné. »

 

Elle continua à s'agiter et à barboter au même endroit, sans avancer d'un pouce, pendant des heures et des heures.

 

Et soudain, à force de trépigner et de battre des cuisses, de s'agiter et de patauger, la crème se transforma en beurre.

 

Surprise, la grenouille fit un bond et, patinant, arriva au bord de la jatte. De là, elle rentra chez elle en coassant joyeusement.

Conte populaire, auteur inconnu

Le serin

Pour travailler sur la jalousie

Un chausseur prit au piège un petit oiseau couleur jaune, un serin. Il allait le tuer pour le faire cuire car il était tiraillé par les cris de son corps en dépit de la maigre prise, lorsque le petit oiseau s’adressa à lui : 

– Regarde moi ! Vois ! Je suis minuscule et maigre. Tu ne feras de moi qu’une bouchée. Laisse moi la vie sauve et je te révélerai trois vérités qui te seront utiles dès demain et tout au long de ton existence.

A cette époque, en ces temps reculés, les hommes et les animaux terrestres avaient l’habitude de se comprendre et de parler ensemble lorsque la nécessité se faisait force de loi. 

– Comment te croirai-je ? répliqua la chasseur. Ce n’est qu’une ruse, un mensonge éhonté de ta part, pour avoir la vie sauve !

– Non, non ! jura l’oiseau. Je t’assure ! Je te dirai la première vérité lorsque je serai encore dans ta main; la deuxième une fois perché sur ton épaule et tu pourras toujours m’attraper facilement; et la troisième dès que je serai là haut sur la branche, dans l’arbre, toujours à ta portée. 

Le chasseur jugea le marché équitable.

– C’est d’accord, fais moi entendre la première vérité. 

– Si tu perds quelque chose, lui dit le serin, tu ne dois jamais le regretter, car la vie doit aller de l’avant, et non s’encombrer du passé. Que demain ne soit pas l’otage d’hier, car vivre dans le passé, être dans la nostalgie, c’est oublier le présent et se fermer les portes du futur… Vivre, c’est vivre l’instant présent. 

Le chasseur réfléchit et trouva que c’était une bien belle vérité. Combien de gens ne cessent de ressasser le passé “avant, c’était mieux !”. Et il en faisait partie…

Il tint donc parole et laissa l’oiseau s’envoler vers l’arbre voisin.

– Si l’on te raconte quelque chose d’absurde ou d’invraisemblable, lui cria le serin, refuse toujours de le croire, à moins qu’on ne t’en donne une preuve éclatante. Fais confiance mais vérifie par toi-même et multiplie tes sources. 

Le chasseur acquiesça avec force car combien de ses semblables ne prennent plus le temps de réfuter, de vérifier, d’argumenter et d’arrêter de vivre des “abrégés du vrai”…

Sur ce, l’oiseau s’envola hors d’atteinte et commença à rigoler, à rire et à se moquer du chasseur. 

– Comme tu es bête et comme je t’ai bien eu ! Sache qu’il y a dans mon coeur deux diamants pesant chacun plus de cinquante grammes. Non seulement si tu me tuais, ils étaient à toi… tu serais riche, et en plus tu te serais fais plaisir en te délectant de ma chair tendre et parfumée… Mais tu m’as laissé partir !

Fou de rage, le chasseur s’en arracha les cheveux en regrettant de ne pas avoir tué l’oiseau. Puis il dit au serin : 

– Je le savais, je le savais ! Tu vois, la vie n’est qu’un mensonge. Mais au moins, tu as la vie sauve, en contre partie, révèle-moi au moins la troisième vérité !

– Pour quoi faire, lui répliqua le serin, puisque tu n’es qu’un idiot qui ne met pas en pratique ce que nous venons de dire ? Je t’avais dit de ne jamais rien regretter, et tu regrettes déjà ton geste de m’avoir libéré. Je t’avais dit de ne pas croire des choses invraisemblables, et tu as cru qu’un petit oiseau comme moi, qui ne pèse pas plus de quinze grammes dans ta main, peut renfermer deux diamants de cinquante grammes. Pauvre fou ! 

Mais voici tout de même la troisième vérité qui te concerne plus que tout autre et concerne tous tes semblables : la convoitise, la cupidité, la jalousie aveuglent le cœur des hommes et ce sont par elles que vous êtes tous abusés. 

Sur ces belles paroles, le petit serin s’envola à tout jamais…

Conte populaire, auteur inconnu

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